LE CERF / La nuit des musées / Musée de la Chasse et de la Nature / vidéo 6 min

Récital performatif de 45 minutes  

Ses instruments d’os sont disposés en cercles concentriques sur d’épaisses nattes de crin décrivant l’espace réservé à la performance, comme une aire de jeu organique. « L’apparente simplicité des flûtes en os, exhumées lors des fouilles, me fascine. Leurs datations estiment parfois leurs manufactures à plus de trente-cinq mille ans. Une fois restaurés, ces instruments libèrent l’écho de nos origines ».

Le Cerf

Créée à la biennale de Lyon, le CERF est une réalisation performative et sonore de quarante cinq minutes suivie d'un débat. Les os d’un squelette de cervidé sont ouvragés comme autant d’instruments à vent, à percussion, et à cordes. 

Le Cerf est une œuvre visible, audible, odorante... Elle nous conduit sur divers axes de réflexion. Œuvre intemporelle, elle nous renvoie à notre passé d’hominidé le plus lointain, à la naissance des premiers objets en os. Au présent, elle nous interpelle sur notre état de mortel. Dans le futur, elle pose la question du devenir de notre matérialité... 

                                                                                                                                               Patrick Kersalé, ethnomusicologue.

Interview, exposition "l'Etre et le Cerf". 60 min.

Vous n'avez jamais rencontré Erik Nussbicker ? Alors dites-vous que vous êtes impardonnable et que vous allez courir derechef et plonger dans cette étrange atmosphère de l'Être et le Cerf présenté au musée de la Chasse et de la Nature à Paris.

Mais avant cette espèce de voyage initiatique, nous vous invitons à écouter Erik Nussbicker et à comprendre sa démarche à la fois philosophique, artistique, shamanique, archéologique, ethnologique à la découverte des origines spirituelles de l'homme à travers la nature, l'espace, le son, le rythme, la vie et la mort.

Chaque instrument réalisé dans un bois ou un os de cerf offre un son particulier à la fois sauvage, animal ou fantomatique. Les esprits sont parmi nous et permettent de nous faire voyager au tréfonds de nous-mêmes. Nul doute que vous ne sortirez pas indemne de cette expérience... Bonne écoute !

Erik Nussbicker est né en 1963 à Grenoble, il vit et travaille à Paris. Diplômé de l'institut d'Arts visuels d'Orléans où il enseigne, il poursuit une réflexion plastique sur l'ethnomusicologie, notamment avec la Cité de la Musique. Une interview réalisée par Marion Delhaye.

 

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Le Cerf / Palais de Tokyo / vidéo 3 min

 

31 octobre, nuit des esprits. Ce soir au Palais de Tokyo,  Le Cerf,  performance sonore d’Erik Nussbicker, entièrement jouée sur un squelette de cervidé, transformé en instrumentarium.

L’artiste a choisi de s’installer dans la grande rotonde : « Le choix de l’espace est essentiel, me confie-t-il,  le spectateur doit sentir la spiritualité du lieu, comme dans un temple ou une chapelle. » Je l’observe pendant qu’il installe un grand tapis cruciforme sur lequel il pose les os lui servant d’instruments. « Depuis que je suis petit, je suis ancré au sol. Avant je m’installais sur un Kilim, mais au fur et à mesure le sol s’est étendu. Pour moi le tapis de l’enfance c’est l’imaginaire… » La tête de cerf est là, au milieu des os disposés en cercle, et domine tous les regards.

Tout est en place pour commencer. Beaucoup de spectateurs, mais un silence religieux. Soudain, un bruit strident rompt le silence : Erik Nussbicker souffle, tambourine, gratte et secoue les différents « instruments », produisant des sons qui plongent le public dans une atmosphère quasi méditative.  « Ce n’est pas de la musique, ce sont des timbres, des silences, des intervalles, chaque représentation est différente et intimement liée à son environnement. Les sons changent au cours de la performance. Je ne m’entraîne pas, je préfère me laisser guider et surprendre par les instruments. »

On a l’impression d’être guidé dans un parcours initiatique. Grâce à cet animal et aux sons produits avec  son squelette, Nussbicker cherche à révéler le spirituel, le métaphysique, la transcendance cachée au cœur de la matière. « L’os est une des premières mémoires après la mort : une virgule minérale. » Tel un chamane, l'artiste devient intercesseur entre l'homme et sa mémoire. Les sons émis par les os, restituent une histoire ancestrale, marquant le passage du profane au sacré, questionnant l’histoire d'un corps. Les vibrations, les sons, leur réverbération racontent une histoire au-delà du langage.

Le concert touche à sa fin, vient le débat avec le public, devenu partie intégrante de la performance. Erik Nussbicker anticipe et  formule des réponses aux questions encore suspendues dans les airs. Malgré l’intense poésie du moment partagé, la radicalité de la démarche de l’artiste peut être  perturbante pour les spectateurs. Que faire d’un corps mort ? La sépulture sonore devient une offrande, essayant de décloisonner et d’ouvrir les yeux et les esprits. Cette renaissance rituelle permet à l’artiste d’ouvrir le débat sur d’autres projets lui tenant à cœur, comme celui d’un de ses amis,  Aloual, qui souhaite, après sa disparition, léguer son corps à l’artiste, devenir lui-même instrument… Comme pour conclure le rituel, Erik Nussbicker range avec précaution les os et les bois du cerf. Les boites se ferment, les esprits s’ouvrent.

                                                                                                             Vittoria Matarresse - Palais de Tokyo-mag N°17



BERGER DES CORNES

Les cornes mises en mouvement révèlent leur tessiture ... 

PREMIÈRES DEMEURES

Idée originale et conception Erik Nussbicker. Création musicale de Stéphane Scott et Erik Nussbicker. Théâtre d’objets sonore et piano préparé. 

Erik Nussbicker, plasticien performeur et Stéphane Scott, musicien compositeur, se sont promis de regarder dans la même direction le temps d’une création.

Note d’intention et évocation du dispositif scénique : 

Est-ce la mémoire qui se calque sur la réalité, ou nos sens qui arrangent la vérité ?

Premières Demeures enchevêtre les impressions sonores d’une icône Immeuble mais vivante, qui habite les souvenirs de l’enfance : la maison. 

Au commencement, chaque première fois est un événement. Un voile qui frémit, une lame de parquet qui grince, la moindre anfractuosité stimule l’imaginaire. La matière appelle le toucher, l’ombre le fantasme ; la température de la lumière et ses nuances construisent le langage de l’intime et de l’universel.

Ces demeures aux murmures réveillent la clameur de nos songes.

Réalisée en bois, corne, os, roseau, osier, cuivre ou papier, chaque maison se voit dotée d’un organe sonore apparenté à une des familles d’instruments acoustiques.

Ce concept s’étend au siège de l’âme et de la pensée, en la présence d’une boîte crânienne muée en ocarina. La conque est un autre exemple d’abri consubstantiel à la vie, devenant ici le réservoir d’une clepsydre musicale.

D’autres demeures donnent à entendre le zéphyr à travers le conduit d’une cheminée en roseaux, le rire grinçant d’une fenêtre tendue d’un morceau de parchemin, le fracas de tuiles xylophones sous l’averse de cordes métalliques.

Un piano préparé tient à l’affût ses dispositifs. Tout ce petit monde fonde un hameau, aux pieds de ce colosse de laque noir. Médium, il déchiffre et amplifie à mesure le dialogue qu’échafaude ce conte de sculpture musical. 

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JARDIN DES DÉLICES

Bronzes sonores 

Jardin des délices propose une oraison funèbre à partir d’objets et d’œuvres sonores en bronze, témoignant d’un savoir-faire multimillénaire. Ce dispositif présente une collection d’une quarantaine de pièces en provenance d’Inde, du Népal, de Chine, du Tibet et d’Indonésie.

Au delà du « parfum d’exotisme » qui leur est attaché, ces instruments mettent en scène une liturgie, en offrande aux événements et phénomènes de l’existence qui nous dépassent. Cette célébration dédiée aux défunts est un voyage intérieur, qui prend tout son sens en présence des vivants.

TEMPUS FUGIT / Auditorium de l'Ecole Boulle / Intervention performative

 

TEMPUS FUGIT 

Performance culinaire et sonore à l’Ecole Boulle, janvier 2014

Le temps de préparation, de cuisson du pain et de son partage est une cérémonie universelle.

La proposition d’un moment de plaisir gustatif et musical questionne la valeur de l’environnement culinaire et des arts de la table. A l’heure du repas les contenants tintent à mesure qu’ils se vident. La vibration est le mystère qui relie le vivant à sa matérialité. Matières et formes délivrent de précieux indices sonores. Ils caractérisent l’ambiance et donnent le ton aux convives en matière de qualité, d’usage, de solennité ou de luxe.

TRANSE PSYCHOPOMPE / vidéo performance / 57 min

Extrait de 5 minutes