L'ART DANS LES CHAPELLES - 8 JUIL. - 18 SEPT. 2022 - Château des Rohan, PONTIVY

 

L'ART DANS LES CHAPELLES - 8 JUIL. - 18 SEPT. 2022 - Château des Rohan, PONTIVY

Le recueillement et le pardon, fonctions premières de la Chapelle du Château des Rohan à Pontivy me conduisent à présenter un ensemble de bronzes campanaires aux fonctions apotropaïques.

Pardon à la Terre.

À vouloir transformer le monde matériel à notre image en semant le chaos et la mort, toute volonté ne semble-t-elle pas vouée à sa perte ? Créer, produire, inventer, participer sans limite à ce grand manège nous éblouit, telles des mouches agglutinées contre la fenêtre grande ouverte.

Le pouvoir temporel est conditionné à toutes les formes d’existence physique : végétales, animales et minérales. Seuls quelques peuples aujourd’hui exterminés l’avaient compris intérieurement. Au nom de quel mode de vie avons-nous pris la liberté de faire abstraction de l’interdépendance que nous entretenions avec la nature ?

Nous sommes conditionnés à croire aux progrès, à une croissance infinie, aux ressources inépuisables de la nature et aux victoires à la Pyrrhus de la communauté scientifique au mépris de tout, de tous et de soi-même. Matière évocatrice de guerre, d’industrie et d’argent, le bronze recèle aussi un message d’apocalypse au même titre que toute production sans conscience induisant un retour de flammes. Tantôt sculpture, tantôt canon, le bronze fût l’arme des anciens comme aujourd'hui le sont le nucléaire, les algorithmes et les virus.

Si l’inspiration à l’origine de l’œuvre peut être fulgurante, souvent une vie d’artiste ne suffit à son achèvement. Je considère ces bronzes sonores comme des instruments de présages, des supports de méditation ou de guérison. Le son associé au bronze met au jour nos abîmes.

Chacune de ces réalisations est en lien avec le souffle, l’inspir et l’expir de la méditation, une invitation au rappel de soi, à l’intime. La quête personnelle, au-delà de la dualité, est la seule et indivisible immensité sans mesure à partager. Le non-agir la seule action.

Je cultive l’idée de m’éloigner de l’œuvre avant mon heure maintenant que d'autres énergies me traversent. Seule l'adhérence des peurs et des jugements provoque lorsqu'elle se détache, douleurs et démangeaisons.

Erik Nussbicker


Télécharger le PDF

Seules comptent les terminaisons - Galerie Maubert - 15 janvier > 05 mars 2022 - Vernissage samedi 15 de 15 h à 21 h

 

Artistes :

Adrien Couvrat - Sara Favriau - Agnès Geoffray - Atsunobu Kohira - Erik Nussbicker - Payram - Maren Ruben - Nathalie Talec 

- Olivier Leroi - Damir Očko

Seules comptent les terminaisons

Le titre de la nouvelle exposition collective à la Galerie Maubert (Seules comptent les terminaisons, du 15 janvier au 5 mars 2021) se réfère directement à une phrase de Matisse concernant les mains des danseuses : l’artiste nous incite à porter notre regard vers ce qui, pour lui, finalise le mouvement, sublime le corps jusque dans la liberté de ses extrémités. Les mains, comme deux oiseaux - une comparaison souvent employée par Matisse, notamment lors du passage aux papiers découpés, sans poids ni frontières - emportent, le mouvement d’ensemble du corps, l’entourant de riches signes et « ornements » qui, à la fois, protègent ce corps et lui permettent de s’exprimer, com- muniquer avec l’extérieur.

Chez certains animaux ( les volatiles ), c’est le rôle des plumes. Ces « terminaisons » grand luxe, que Dame Nature a bien voulu offrir à certaines espèces, ont été, très tôt, l’objet d’intérêt d’artisans, designers, artistes... Les plumes, isolées ou bien en amas, réelles ou représentées, et qui portent en elles de nombreux symboles, sont le sujet de cette exposition collective.

Les œuvres rassemblées évoquent, tout d’abord, l’idée d’enveloppe, de protection : par exemple, le duvet en plume de canard de Nathalie Talec. La plume s’interpose, met à distance, comme dans cette série de portraits du photographe iranien Payram, où une plume se dépose délicatement dans la noirceur du visage créant ainsi une nouvelle distance qui est celle du souvenir. La plume joue alors le rôle d’écran : Agnès Geoffray, en écrivant sur de vieux éventails en plume, fait passer le texte au statut d’un doux murmure universel.

Les œuvres de l’exposition détournent également le rôle de « parure » (reflets, motifs et couleurs) des plumes. Adrien Couvrat peint l’iridescence du prisme selon les phanères lumineux d’une toile de lin. Ces motifs sont por- teurs d’expression : chez Maren Ruben, celle d’une écriture qui nuance la souplesse organique du papier, texture que l’artiste assimile volontiers à celle de membranes souples et silencieuses, comme la peau, le vêtement ou les plumes.

Cette parure peut se muer en signes ostentatoires (le boa, l’éventail par exemple), avec les symboliques festives et queer associées. L’objet s’hybride (Sara Favriau « plume » des branches d’arbres), perd toute notion de genre (avec les « verres » de Damir Očko). Il devient la clé d’un rituel où les énergies se déploient (celle du carbone chez Atsunobu Kohira). La plume n’est plus alors une « frontière » : c’est un « passage », de la même façon que Matisse parle d’« extrémité » et non de « fin ». Chez Erik Nussbicker, les plumes transmettent les mouvements de l’air, issus de l’activité humaine, en un nouveau son lié au corps : un crâne raisonnant. Existence et mort ne forment plus qu’un, dans un vaste ensemble que l’on pourrait nommer la Vie et dont la plume serait la nouvelle vanité.



Crémation symbolique de l'image d'Alain Aloual Dumazel lors de l'exposition Mort is More à Bruxelles.

 


Acte Dédié à Aloual, décédé le 20 septembre 2014 - Cercueil en osier, impressions photographiques 2021.  



Télécharger le PDF

Expositions 2021 - 2022

 

Mort is More, Brasserie Atlas à Bruxelles, curator : Émile Barret, 22.10.2021 - 23.11.2021 

Drôles de convergences, Musée Pouchkine, curator : Jean-Hubert Martin, 08.11.2021 - 06.02.2022 

L’Art dans les Chapelles, Directeur artistique : Éric Suchère, 01.07.2022 - 18.09.2022 

Animaux musiciens, Musée de la musique-Philharmonie de Paris, Commissariat :  Marie-Pauline Martin et Jean-Hubert Martin, 20.09.2022


Journées européennes du Patrimoine - Château de Villers-cotterêts - Cité internationale de la langue française - Tourelle d'Y Voir / 19, 20 sept 2020

 

Tourelle d’y voir

Détournement d’un guet de chasse par l’artiste Erik Nussbicker

Inspirée par les anciens guets de chasse, la Tourelle d’Y Voir, qui culmine à 6 mètres de hauteur, a l’allure d’un grand échassier portant pavillon. Ses antennes reliées au cosmos permettent de capter des bribes, des voix, des conversations mixées par Thomas Poli.

L’oeuvre d’Erik Nussbicker est faite d’hybridations de la nature, installations organiques, sonores, éphémères, monumentales, souvent rituelles, qui sont pour l’homme des terrains d’action pour souffler, jouer, nourrir, méditer… La Tourelle d’Y Voir, par Erik Nussbicker, commande artistique du CMN réalisée en collaboration avec Vent des Forêts et les ateliers Le Bras Frères. 

Création sonore : Thomas Poli, Impersonalfreedomstudio, à partir de cartes postales envoyées par des enfants vivants en Grèce, Italie, Russie, Moldavie, Biélorussie, Irlande, Libye, Canada, Mexique… collectées par Claire-Élise Hubert et Fabrica Istori.


Energeia - Exposition collective - Topographie de l’art, curator Pascal Pique, 15.11.2019 – 08.01.2020 - 15 rue de Thorigny 75003 Paris

 

Energeia
l’énergétique des œuvres d’art

L’exposition Energeia propose une vision et une expérience inédite des œuvres d’art qu’elle invite à considérer sous l’angle énergétique. Elle correspond à une nouvelle culture de l’énergie, ou plutôt des énergies, qui se déploie actuellement. Cette profonde mutation touche autant le développement personnel que celui de l’économie de la culture et des sciences. L’art et la création sont l’un des lieux d’expérimentation privilégiés de ce mouvement car ils permettent de cristalliser et d’objectiver, c’est à dire de visualiser et de ressentir véritablement ce qui est de l’ordre de l’invisible des énergies. 

L’exposition Energeia est une première car elle envisage l’art comme un vecteur et un transformateur d’énergies. Elle est aussi la première du genre à proposer à son public de vivre et d’expérimenter de manière concrète et directe ces phénomènes à travers les œuvres et leur disposition. Elle nous engage également à réinvestir un certain rapport à l’art dans le sens du bien-être, de la prophylaxie et du prendre soin, de soi, des autres et du monde. 

Pascal Pique